dimanche 28 juillet 2013

mercredi 24 juillet 2013

Frank Clair


Un produit des Buckeyes d’Ohio State, Frank Clair joua sept matchs avec les Redskins de Washington en 1941.  C’est toutefois sur les lignes de côté qu’il fit vraiment sa marque.
Il passa d’abord les saisons de 1948 et 1949 à la tête des Bulls de l’Université de Buffalo, avant de se diriger au nord de la frontière.
En 1950, il prit en charge les Argonauts de Toronto, où le succès fut au rendez-vous immédiatement.  Les Argos mirent la main sur la Coupe Grey et répétèrent leur exploit en 1952.  Les deux saisons suivantes furent moins intéressantes et l’association de Frank Clair avec les Boatmen se termina ainsi, après cinq ans.
En 1956, il devint entraîneur-chef des Rough Riders d’Ottawa.  Pendant un temps, l’équipe afficha une belle constance, mais durant cette période, c’est Hamilton qui était l’équipe à battre dans l’est.  Typiquement, les Ticats terminaient premiers, les Riders deuxièmes, pendant que les Alouettes et les Argos se disputaient la cave.  Il y a bien sûr des exceptions, comme l’année 1960, où les Riders terminèrent deuxièmes, derrière Toronto cette fois, mais gagnèrent tout de même la Coupe Grey, menés par le quart canadien Russ Jackson.  (Voir texte du 4 décembre 2012)

 
En 1966, les Riders prirent finalement le haut du pavé.  Ils terminèrent premiers dans l’est et se rendirent à la Coupe Grey.  Ils perdirent toutefois contre la Saskatchewan.
Après un regain des Ticats en 1967, Ottawa reprit la tête en 1968 et gagna une autre Coupe.  Les Riders remettent ça en 1969, avec une fiche de 11-3, avant de prendre leur revanche contre Saskatchewan en finale.  Clair remporta alors le Trophée Annis Stukus (entraîneur de l’année), son deuxième après celui de 1966.
Russ Jackson était à ce moment de toute évidence toujours au sommet de sa forme, étant élu meilleur joueur de la ligue et du match de la Coupe Grey, en plus d’être désigné l’athlète par excellence au Canada (le Trophée Lou Marsh).  Pourtant il jugea que ça suffisait et prit sa retraite.  Le demi Ron Stewart fit de même l’année suivante.
De son côté, Frank Clair monta au deuxième étage, pour remplacer le DG Red O’Quinn, parti vers Montréal.  C’est la fin d’un cycle.
La transition ne fut néanmoins pas si longue.  Ottawa remporta une autre Coupe en 1973 (contre Edmonton) et en 1976 (encore contre Saskatchewan).
Après la saison 1978, malgré une fiche plus que respectable de 11-5 et une première place dans l’est, on le laissa aller, après quatorze saisons comme entraîneur et neuf autres comme directeur-gérant et cinq Coupes Grey.  La décision n’a de toute évidence pas souri aux Riders.  La saison 1979 fut leur dernière avec une fiche positive.  De 1980 jusqu’à la dissolution de l’équipe en 1996, l’équipe ne parvint jamais à jouer au-delà de .500.
Il fut ensuite embauché comme dépisteur par Toronto.

 
Sa fiche globale de 147-106-7 comme entraîneur, ses 27 victoires en séries (un record) et ses sept Coupes Grey lui valurent d’être élu au Temple de la Renommée du Football Canadien en 1981.  En 1993, le Parc Lansdowne, domicile des Rough Riders, fut renommé Stade Frank-Clair.  Ce même stade sera rénové de fond en comble pour accueillir la nouvelle équipe d’Ottawa en 2014.
Frank Clair est décédé en 2005, à l’âge de 87 ans.

vendredi 19 juillet 2013

Johnny Rodgers


Bien qu’il était déjà d’un bon programme, c’est au début des années 1970 que les Cornhuskers de l’Université du Nebraska se mirent à faire partie de l’élite.  Au centre cette amélioration se trouvait un joueur local, Johnny Rodgers.  En 1969, ce dernier désirait s’aligner avec USC, mais comme ses notes n’étaient pas suffisantes, il dut se rabattre sur le programme de l’université de sa région.  Sa carrière avec les Huskers fut ensuite simplement phénoménale.  Nebraska fut désigné l’équipe championne au niveau national en 1970 (titre partagé avec le Texas) et 1971 (suite à une saison parfaite de 13-0).  De son côté, Rodgers mit la main sur le Trophée Heisman (meilleur joueur universitaire) en 1972 et ce, même s’il avait été condamné pour un vol dans une station service en 1970.  Il est d’ailleurs le seul à avoir reçu le trophée alors qu’il possédait un dossier criminel.
Au repêchage de 1973, ce sont les Chargers de San Diego qui firent signe au receveur de passe et retourneur de botté.  Ils le choisirent en première ronde, 25e au total.  Toutefois, ce n’est pas dans cette direction qu’il se dirigea.  Les Alouettes lui firent une offre de 100 000$ par saison, une grosse somme à l’époque.  Il renonça donc à la NFL et se dirigea vers Montréal.
Connu sous le nom de « Ordinary Superstar » (un surnom qu’il s’est lui-même donné), Rodgers fit sentir sa présence.  Bien que peu discipliné et souvent en retard aux entraînements, il gagna le titre de recrue de l’année en 1973.  Il fut aussi nommé sur l’équipe d’étoiles de l’est les quatre ans qu’il fut à Montréal (1973 à 1976) et sur celle de la ligue de 1973 à 1975.  Il se mérita également le Trophée Jeff Russel en 1974 et 1975, en tant que joueur le plus utile à son équipe dans la division est.  Il fut aussi bien sûr membre de l’équipe championne de la Coupe Grey en 1974.
Estimant ensuite qu’il était temps de voir ce qu’il pouvait faire dans la NFL, il signa finalement avec les Chargers en 1977.  Toutefois, c’est là que les choses se sont gâtées.  Une blessure musculaire à la jambe limita sa saison 1977 à 11 matchs, pour 187 verges par la passe et 224 sur les retours de botté.  L’année suivante fut encore pire.  Il joua 6 matchs, mais durant une pratique, un coéquipier pila sur son pied, lui causant une blessure qui mit fin à sa carrière et qui mit plusieurs années à guérir.

Il se lança alors en affaires.  Il eut pendant un moment un magazine de style télé-horaire dans la région de San Diego.  En 1989, il le vendit et retourna au Nebraska, où il reprit ses études.  Il a ensuite détenu deux entreprises : une en marketing sportif et une autre qui produit de la literie aux couleurs des Cornhuskers.
D’ailleurs, il demeure toujours associé aux Huskers.  En 2000, il a été nommé leur joueur du siècle par Sports Illustrated.  Ces derniers l’ont également sélectionné en 1999 sur leur équipe d’étoiles de tous les temps de la NCAA, avec d’autres receveurs comme Jerry Rice, Tim Brown et Raghib Ismail.  En 2007, ESPN l’a classé au 23e rang de son palmarès de des meilleurs joueurs collégiaux.  Il est membre du Temple de la Renommée du football universitaire américain depuis 2000.
Sources : Drake, Stephen, Weird Facts About Canadian: Strange, Wacky & Hilarious Stories, Overtime Books, 2009, p.144 à 148.
“Where Are They Now?  Johnny Rodgers”, 23 octobre 2001, ABC Sports Online (espn.go.com/abcsports), wikipedia.org.

dimanche 14 juillet 2013

Don Jonas

C’est beau la versatilité!
 
Lors de son passage à Penn State, de 1958 à 1961, Don Jonas fut utilisé principalement comme porteur de ballon, mais aussi pour les retours de botté.
 
Choisi en 13e ronde par les Eagles, il joua un match dans leur uniforme en 1962.  Toutefois, ne pouvant faire sa place dans leur alignement, il se retrouva en 1963 avec les Capitols de Harrisburg de l’Atlantic Coast Football League.  Il s’agissait d’une ligue semi-pro, comme il en existait quelques unes à ce moment, et qui servait entre autres de club école pour les équipes de la NFL et de l’AFL.  Il se fit une place comme receveur, mais lorsque le quart de l’équipe se blessa, il le remplaça.  Il semblerait qu’il s’adapta bien à sa nouvelle position, puisqu’il fut nommé le joueur le plus utile de la ligue.  Il fut aussi botteur.
 
Après une autre saison à Harrisburg, il passa à Newark, qui déménagea ensuite à Orlando, dans la Ligue Continentale.  Il mit ensuite la main trois fois sur le titre de joueur le plus utile, pendant que son équipe gagna deux championnats.  Par contre, lorsque la ligue cessa ses activités après la saison 1969, il se retrouva, à plus de trente ans, avec les Argonauts de Toronto.  Il ne fit toutefois que passer, puisqu’il prit l’année suivante le chemin de Winnipeg.

Il sembla se plaire au Manitoba, puisqu’il accumula 4036 verges et compléta 27 passes de touché.  Il fut aussi nommé sur l’équipe d’étoiles et gagna le Trophée Schenley du meilleur joueur.
En cette période où on se dirigeait de plus en plus vers des spécialistes, il fut aussi l’un des derniers joueurs de position à effectuer les bottés de précision.  À ce titre, il accumula cette année-là 121 points.
 
Les saisons 1972 (où il fut encore nommé sur l’équipe d’étoiles) et 1973 furent bonnes, avec au moins 3300 verges chacune.  Mais comme tout au long de sa carrière, il fut plutôt généreux de ses interceptions (29 en 1973 versus 15 passes de touché).
En 1974, à 35 ans, il partagea sa dernière saison entre Winnipeg et Hamilton.
Il est par la suite retourné dans la région d’Orlando, où il avait joué à la fin des années 1960.  Il devint en 1979 le premier entraîneur-chef du nouveau programme de football de l’Université Central Florida, poste qu’il occupa pendant trois ans.
Sources : cflapedia.com, wikipedia.org.

mercredi 10 juillet 2013

samedi 6 juillet 2013

Sam Etcheverry (2e partie)

 
En 1964, Etcheverry refait surface dans le monde du football montréalais.  La United Football League, une ligue basée aux États-Unis, s’installe au Stade Delorimier, domicile des Alouettes de 1946 à 1953 et des défunts Royaux au baseball.  Etcheverry est nommé entraîneur-chef et on nomme l’équipe en son honneur : les « Rifles » du Québec.  Ces derniers deviennent la première équipe professionnelle à jouer du football à quatre essais au Canada. 
 
L’expérience est toutefois de courte durée.  Après avoir montré une fiche de 5-9, c’en est fait des Rifles.  La ligue se scinde en deux et les Rifles déménagent à Toronto dans ce qui est maintenant la Ligue Continentale.  Le vrai Rifle demeure toutefois à Montréal et devient pendant un an entraîneur-adjoint des Alouettes, en tant que responsable de la défense…  Il devient ensuite courtier, toujours à Montréal, métier où il obtient beaucoup de succès.
 
En 1969, pendant les festivités de la Coupe Grey, tenue à Montréal, on annonce qu’il est élu au Temple de la Renommée du Football Canadien et qu’en plus, il revient au football.
 
Après avoir obtenu beaucoup de succès comme propriétaire des Rough Riders d’Ottawa, Sam Berger les vend et achète des Alouettes en piteux état.  Il amène avec lui son directeur-gérant, qui est nul autre que Red O’Quinn.  Le nouvel entraîneur sera alors son ancien coéquipier, Etcheverry.
 
Les espoirs des partisans sont fondés.  Les Oiseaux passent d’une fiche de 2-10-2 à une de 7-6-1.  Encore mieux, ils se qualifient pour les séries, se faufilent jusqu’en finale et contre toute attente, battent les Stampeders 23-10.  Si la Coupe Grey a toujours échappé à Sam Etcheverry comme joueur, c’est finalement comme entraîneur qu’il la remporte, dans une victoire qui a le grand mérite d’un peu faire oublier la crise d’octobre.

Les saisons 1971 (6-8) et 1972 (4-10) sont toutefois moins prometteuses et c’est ainsi que se termine la carrière d’entraîneur du Rifle, qui redevient courtier.
En 1982, lorsque les Alouettes font faillite et sont remplacés par les Concordes, on ramène Etcheverry, cette fois comme président et directeur-gérant.  Mais suite au fiasco de l’année précédente (voir texte du 8 septembre 2012), on part de très loin.  Les conditions sont difficiles et les résultats, atroces.  L’équipe termine avec une fiche de 2-14.  Suite à une mésentente au sein de la direction, Etcheverry est congédié avant le début de la saison 1983 et se concentre sur sa firme d’investissement.  Il trouvera d’ailleurs le moyen de garder un lien avec le football, entre autres en embauchant l’ex-Alouette Michael Soles (voir texte du 24 juin 2013) après sa carrière.
Lors du retour des Alouettes en 1996, on profite du premier match à domicile pour retirer son numéro 92, qu’il a porté la majeure partie de sa carrière.
Établi en Estrie à la fin de sa vie, le grand Sam Etcheverry s’est éteint en août 2009, à l’âge de 79 ans.
Sources :
Lemay, Daniel, Montréal Football, Un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006,

Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2007.

« Michael Soles doit beaucoup à Sam Etcheverry » de Serge Vleminckx, 31 août 2009 (exruefrontenac.com),

« Sam Etcheverry 1930-2009 : on l’appelait le Rifle » de Daniel Lemay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca)m

« Une légende n’est plus » de Ronald King, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),

« Un grand monsieur, une idole » de Réjean Tremblay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),

wikipedia.org.

mardi 2 juillet 2013

Sam Etcheverry (1ère partie)


Autant au niveau des Alouettes que de celui de la ligue, Sam Etcheverry est incontournable, c’est le moins qu’on puisse dire.
Fils d’un père français et d’une mère basque établis au Nouveau-Mexique, Etcheverry se distingue d’abord à l’Université de Denver.  En 1952, les Alouettes ont un nouvel entraîneur, Doug « Peahead » Walker, qui a pour mission de faire oublier la saison précédente (3-9) et de dénicher un quart-arrière.  C’est en tombant sur une photo d’Etcheverry dans l’annuaire de son université que Walker le voit pour une première fois.  Il accroche sur son allure, sa position et sa façon de décocher sa passe et décide de prendre contact avec lui.  (Les méthodes de dépistage ont assez évoluées depuis…)  Etcheverry se présente donc à Montréal.  Walker recrute également Red O’Quinn, qu’il a dirigé à l’Université Wake Forest et qui a joué la saison précédente avec les Eagles de Philadelphie.
C’est Frank Nagle qui commence la saison au quart, mais en se fracturant la jambe, il laisse le champ libre au jeune Etcheverry, qui ne regardera plus jamais en arrière.

La première année est difficile (2-10), mais l’équipe est sur une lancée.  Etcheverry, qu’on surnomme le « Rifle », se sert de son bras canon pour former une bonne combinaison avec O’Quinn, en plus de jouer comme secondeur et comme botteur de dégagement.  D’autres joueurs se joignent ensuite à l’équipe, qui termine avec une fiche de 8-6 en 1953.  Etcheverry y reçoit la première de ses six nominations sur l’équipe d’étoiles de l’est.  (Il n’y avait pas à cette époque d’équipe d’étoiles pour la ligue.)
1954, c’est la consécration.  Un receveur de passe de grande classe, Hal Patterson s’amène à Montréal, donnant à Etcheverry une autre corde à son arc.  Le 16 octobre, le Rifle amasse 586 verges par la passe dans un gain de 46-11 contre Hamilton.  Ce record tiendra jusqu’en 1993, alors qu’il sera battu par Danny Barrett.  Pour l’année, il mène la ligue avec 3610 verges, un autre record, pour tout le football professionnel dans ce cas.  Il mène la ligue à ce chapitre également pour les cinq années suivantes.  Et il gagne bien sûr le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.  Les Alouettes montrent une fiche de 11-3, en tête de l’est, évidemment.
Malheureusement, la saison ne termine pas comme prévu.  À la finale de la Coupe Grey, les Alouettes sont favoris devant les Eskimos.  Avec moins de trois minutes à jouer, ils mènent 25-20 et sont à la porte des buts.  Etcheverry remet le ballon à Chuck Hunsinger.  Ce dernier l’échappe.  Jackie Parker le reprend et court 90 verges pour le touché.  Le jeu a toutefois soulevé la controverse.  Est-ce que Hunsinger a échappé le ballon ou a-t-il tenté une passe (ce qui, en tombant par terre, aurait mis fin au jeu)?  Peu importe.  Les Eskimos gagnent 26-25.
 
Les exploits d’Etcheverry ne passent toutefois pas inaperçus.  Durant cette période, la NFL et ce qui est devenu la LCF se disputent âprement les meilleurs joueurs.  De plus, les matchs du Big Four (ce qui est devenu la division est de la LCF) sont diffusés sur NBC.  En janvier 1955, le Rifle signe un contrat avec les Cardinals de Chicago.  Changeant d’idée, il en signe un autre avec les Alouettes le lendemain.  Après de nombreuses discussions et négociations, le commissaire de la NFL Bert Bell et le propriétaire des Alouettes Léo Dandurand s’entendent.  Etcheverry demeure finalement un Alouette et se remet au boulot.
Au cours de la saison, il amasse 3657 verges et 30 passes de touchés.  Etcheverry peut aussi compter sur l’arrivée de Pat Abbruzzi dans le champ arrière.  En fait, l’impact de celui-ci est tel qu’il gagne le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.
Les Alouettes remportent encore leur division et retrouvent leurs rivaux de l’année précédente, Edmonton, en finale.  La situation est toutefois renversée.  Les Eskimos (14-2) sont favoris et remportent une deuxième Coupe Grey, 34-19.
En 1956, les Cardinals sont toujours amers de la décision qui a permis à Etcheverry de leur filer entre les doigts.  Ils demandent donc une injonction pour l’empêcher de poursuivre sa carrière à Montréal.  En juin, un juge américain déclare le contrat des Cardinals invalide et rejette finalement l’injonction.
Sur le terrain, le Rifle pulvérise son record du nombre de verges amassées par la passe en une saison, en obtenant 4723.  Ce record tiendra jusqu’en 1981, étant battu par Dieter Brock dans la LCF et Dan Fouts dans la NFL (mais en seize matchs au lieu de quatorze dans leurs cas).  Le 20 octobre, dans un match complètement fou où 22 records sont établis, Etcheverry réalise six passes de touchés dans un match remporté 82-14 contre Hamilton.
Comme pour les deux années précédentes, c’est encore un joueur des Alouettes qui se mérite le Trophée Schenley du meilleur joueur de la ligue.  Cette fois-ci, c’est toutefois Hal Patterson qui est récompensé.
Et comme pour les deux années précédentes, Montréal et Edmonton se font encore face en finale de la Coupe Grey.  Puisqu’à cette époque, les équipes de l’est et de l’ouest ne s’affrontent pas lors de la saison régulière, il peut être plus difficile d’établir un favori.  Mais les deux équipes se sont rencontrées lors d’un match préparatoire, que les Alouettes ont gagné.  Ceux-ci sont donc établis favoris et devraient avoir la chance de venger leurs deux autres revers.  Pourtant non…  Les Eskimos l’emportent encore, 50-27.
Les Alouettes entreprennent alors une période de reconstruction et deviennent une équipe de milieu de peloton.  Les Tiger-Cats sont maintenant l’équipe dominante de l’est.  Les statistiques d’Etcheverry sont en baisse, même s’il continue d’amasser plus de 3000 verges par année.  De son côté, Abbruzzi est ralenti par les blessures et quitte après la saison 1958.  L’entraîneur Peahead Walker quitte après la saison 1959, tout comme Red O’Quinn.
En 1960, après l’élimination des Alouettes contre Ottawa en série, dans un match où le Rifle n’a pas été à son mieux, c’est le choc.  Le propriétaire Ted Workman accepte d’échanger Etcheverry aux Tiger-Cats, contre un autre quart, Bernie Faloney.  Un des trois athlètes emblématiques de Montréal des années 1950, avec Maurice Richard et le lutteur Yvon Robert, quitte pour Hamilton.  Et comme si ce n’était pas assez, Hal Patterson, qui ne s’entend pas avec le nouvel entraîneur Perry Moss, prend également le chemin de la ville de l’acier, en échange de Don Paquette.  Les Alouettes reçoivent des appels à la bombe.
Qu’est-ce qui a pu motiver Workman à faire un tel outrage aux partisans montréalais?  Il semblerait qu’il estimait que ses deux vedettes, pourtant sur l’équipe d’étoiles, étaient sur la pente descendante et qu’il était temps d’en obtenir quelque chose.  De plus, Paquette étant un canadien et Faloney en voie d’en devenir un, il aurait ainsi la possibilité de faire des emplettes du côté des joueurs américains.  Les choses ne se sont toutefois pas passées ainsi.
Patterson alla connaître sept autres bonnes saisons avec les Ticats, gagnant trois Coupes Grey et étant élu à trois reprises sur l’équipe d’étoiles de la ligue.
Etcheverry, offusqué, invoqua sa clause de non-échange pour annuler son contrat et rejoignit finalement les Cardinals, maintenant déménagés à St-Louis.  Mais en fin de carrière et au sein d’une équipe plus qu’ordinaire, il n’obtint pas de bons résultats lors de ses deux saisons au Missouri.  Et comme l’échange d’Etcheverry a été annulé, Faloney est demeuré à Hamilton.  Les Alouettes ont ensuite passé les dix années suivantes à faire endurer à leurs partisans des équipes médiocres et à chercher un quart décent.  Paquette, quant à lui, a eu peu d’impact.
Avant de partir, le 7 juin 1961, une réception en son honneur est organisée au Reine-Élizabeth.  1500 personnes, incluant d’ex-coéquipiers, Peahead Walker, Frank Selke, Toe Blake et de nombreux fans, viennent saluer l’athlète, l’idole et le gentleman qu’il est.  On lui remet alors une automobile.
Sources :
Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.116, 135,
Lemay, Daniel, Montréal Football, Un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006,
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2007.
« Sam Etcheverry 1930-2009 : on l’appelait le Rifle » de Daniel Lemay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
« They Said Good-Bye To Sam » de Pat Curran, 8 juin 1961, Montreal Gazette, p.24,
« Une légende n’est plus » de Ronald King, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
« Un grand monsieur, une idole » de Réjean Tremblay, 31 août 2009, La Presse (lapresse.ca),
wikipedia.org.