vendredi 10 janvier 2014

John Carlos

Originaire d’Harlem, mais de descendance cubaine, John Carlos obtint une bourse d’athlétisme de l’Université East Texas State.  Ayant aidé cette université à se distinguer, il attira l’attention et passa en 1967 à San Jose State où il fut entraîné par celui qui deviendra l’entraîneur national américain, Bud Winter.
 
Il se mérita d’abord la médaille d’or au 200m des Jeux PanAm de Winnipeg en 1967.  Puis vint les qualifications pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968.  Il surprit alors en battant le record du monde au 200m de son coéquipier à San Jose State, Tommie Smith.  Le record ne fut par contre jamais homologué pour une question de crampons.
 
Smith et Carlos furent ensuite parmi les fondateurs du mouvement « Projet olympique pour les droits de l’homme ».  En pleine période du Mouvement des droits civiques, ils appelèrent au boycott.  Ils voulaient entre autres dénoncer la présence des régimes ségrégationnistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie, en plus de réclamer plus d’entraîneurs noirs au sein la délégation américaine, la démission du président du CIO, l’américain Avery Brundage et le retour du titre de champion du monde à Muhamed Ali.  Lorsqu’après diverses tractations et négociations avec les pays concernés, le CIO retira les invitations à l’Afrique du Sud et à la Rhodésie, Smith et Carlos décidèrent de participer.
 
À Mexico, Smith gagna l’or et Carlos, le bronze.  Lors de la cérémonie de remise des médailles, ils décidèrent de baisser la tête et de lever leur poing ganté, en signe du Black Power.  Ils ne portaient également pas de souliers, pour symboliser la pauvreté qui sévissait chez les afro-américains.  Quant au médaillé d’argent, l’australien Peter Norman, il porta en soutien un écusson du Projet olympique des droits de l’homme.  Brundage n’apprécia pas la démonstration.  Il fit suspendre Smith et Carlos de l’équipe américaine et les expulsa du village olympique.

Carlos retourna ensuite à San Jose State, où il contribua à les mener à leur premier titre national de la NCAA en 1969.
 
Dans la foulée de Bob Hayes, un sprinter qui réussit sa conversion en footballeur en connaissant une belle carrière avec les Cowboys de Dallas, Carlos fut repêché par les Eagles de Philadelphie.  Ils en firent leur choix de 15e ronde en 1970.  Par contre, il subit une blessure et ne joua jamais avec eux.
 
En 1971, les Alouettes lui accordèrent un essai.  Il s’amena alors au cinquième match de la saison au sein d’une équipe soudée par la victoire surprise à la Coupe Grey, l’année précédente.  De son côté, il n’avait pratiquement jamais joué au football et, de son propre aveu, il avait des problèmes d’argent.  C’était une période où l’athlétisme ne rendait vraiment pas millionnaire…
 
J.I. Albrecht (le directeur-gérant des Alouettes) utilisa alors la mauvaise formulation de la définition de « non import » (joueur canadien en version française) pour faire désigner Carlos ainsi.  Comme Carlos n’avait jamais joué un match aux États-Unis (il avait participé au camp des Eagles, mais sans jouer de match), il n’était pas un « import ».   Il devint donc un « non import », même s’il était citoyen américain…
 
Ce n’est par contre qu’une des raisons pour laquelle il reçut plus que sa part d’attention médiatique, sa notoriété étant grandement établie.  En plus, il était habitué à un sport individuel et n’hésita pas à faire son autopromotion en réclamant le ballon plus souvent.  Par contre, il y avait un problème.  Il demeurait un novice en termes de football.  Il avait beau être très rapide, il avait de la difficulté à attraper un ballon et à suivre un tracé.  Sa présence fut une distraction et souleva la grogne chez ses coéquipiers.
 
Ce fut l’un des problèmes des Alouettes, qui passèrent de champions de la Coupe Grey à une équipe qui rata les séries.  Au total, Carlos joua 9 matchs et capta 5 passes pour 44 verges.  Il obtint également 117 verges sur les retours de botté.
 
En 1972, Carlos tenta sa chance du côté des Argonauts, qui le libérèrent pendant le camp d’entraînement.
 
Il travailla par la suite pour le fabricant d’équipements sportifs Puma, pour le Comité olympique américain, pour le Comité organisateur des Jeux de Los Angeles en 1984 et en tant qu’entraîneur. 
 
En 2003, il fut élu au Temple de la Renommée des États-Unis de l’athlétisme.  En 2005, une statue montrant la scène de la remise des médailles à Mexico fut dévoilée sur le campus de San Jose State.  En 2011, Carlos prit la parole lors de « Occupy Wall Street. »
 
Sources : 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football : un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.165-166, 170,
 
« John Carlos :  J’ai des problèmes d’argent et je réussirai avec les Alouettes » de Maurice Brodeur, semaine du 22 juillet 1971, La Patrie, p.55, 
« Alouette-to-be Carlos wouldn’t play anywhere but here » de Doug Gilbert, 14 août 1971, Montreal Gazette, p.13,
« His teammates blaming Carlos as disruptive influence » de Ted Blackman, 11 octobre 1971, Montreal Gazette, p.15,
« Fairholm hopes meeting will make Alouettes jell » de Ted Blackman, 13 octobre 1971, Montreal Gazette, p.13, cflapedia.com, wikipedia.org.

2 commentaires:

  1. Désolé d'utiliser à mauvais dessein la partie commentaire, mais j'adorerais pouvoir échanger avec vous mais je ne trouve pas le moyen de vous contacter... je vous laisse à tout hasard mon mail en "signature".
    Bonne journée, et encore bravo pour votre excellent travail!

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  2. @ Thomas D
    D'abord merci pour ces bons mots.

    Vous pouvez me rejoindre au bottedenvoi@gmail.com

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