jeudi 14 juillet 2016

Les Schooners de l'Atlantique

 
Les Roughriders de la Saskatchewan sont l'équipe la plus populaire de la LCF.  Ce sont entre autres eux qui vendent le plus de produits dérivés.  Malgré qu'ils évoluent dans le plus petit marché de la ligue, ils sont tout de même très populaires par le fait qu'il s'agit du seul sport professionnel de la province.  Suivant cette petite logique, on peut se demander pourquoi il n'y a pas plus d'équipes dans les villes canadiennes où il n'y a pas de hockey professionnel?  Pourquoi pas quelques équipes dans différentes villes des maritimes comme à Moncton, à St.John's ou à Halifax?  En fait, pour ce qui en est de la dernière ville nommée, non seulement on discute depuis toujours d'une expansion dans cette ville, mais la LCF a passé plus que très près d'avoir une équipe dans cette ville, les Schooners de l'Atlantique...

Nous sommes en 1984.  La LCF a décidé d'accorder une équipe à la ville d'Halifax.  La personne à l'avant-plan afin de faire naître la franchise était J. I. Albrecht, ancien administrateur des Alouettes durant les années 70. L'attribution de la franchise était toutefois conditionnelle à une chose, la construction d'un stade pouvant accueillir le football de la LCF... Ne pouvant recueillir les fonds nécessaires pour la construction du stade, la LCF a annulé la franchise... Ce fut le plus près qu'Halifax a été d'avoir une franchise de la LCF...

Non seulement le logo avait été créé, mais plusieurs légendes urbaines font état de l'imminence de l'arrivée de l'équipe...  Une de ces histoires est relative au fait qu'Albrecht aurait acheté le tableau afficheur du stade de Foxboro et que celui-ci serait dans un garage de Dartmouth.  Une autre légende atteste que le gazon pour le stade aurait été acheté et que lorsque la franchise fut annulée, il aurait été lancé à la mer...

Néanmoins, les Schooners demeurent toujours un fort élément de la culture sportive des Maritimes, un rendez-vous raté... Ces légendes urbaines en font foi...

Gageons que le nom Schooners sera utilisé si la LCF en vient un jour à s'étendre dans les Maritimes.

Initialement publié sur http://pucktavie.blogspot.ca/

mercredi 6 juillet 2016

Johnny Rodgers aime Botté d'envoi


Ce fut une agréable surprise de voir que Johnny Rodgers avait mis un lien sur sa page Facebook vers le texte de Botté d'envoi à son sujet.



On le salue!

mercredi 29 juin 2016

Le Stade Frank Clair

Central Canada Exhibition — “SuperEX” — Frank Clair Stadium 11


Voici une superbe photo du Frank Clair Stadium d'Ottawa au début des années 50. À cet époque, le fameux stade des Rough Riders de la Capitale fédérale accueillait également du baseball de niveau AAA. En 1951, les Giants de New York y établirent un club-école AAA de la International League, le même circuit dans lequel évoluaient les Royaux de Montréal. (C'est comme au hockey, la Ligue internationale était inférieure à la Ligue "nationale" ou la Ligue "américaine"...)  La saison suivante jusqu'en 1954 l'équipe fut nommée les Athletics d'Ottawa et étaient affiliés aux Athletics de Philadelphie, les ancêtres des A's d'Oakland.  En 1955, l'équipe déménagea à Columbus et fut renommée les Jets, étant toujours affiliés à des A's qui étaient maintenant à Kansas City.

Comme on peut le voir sur la photo, il est tout de même étrange qu'on ait pu penser un jour qu'aménager un terrain de baseball de la sorte pour accueillir une équipe de baseball AAA soit une bonne idée. On ne se surprendra pas de savoir que ça n'a pas été refait par la suite...

Le Frank Clair Stadium a été construit en 1908 et y a accueillit les Rough Riders dès son ouverture jusqu'à la dissolution de l'équipe en 1996.  Les Renegades d'Ottawa y ont également évolué lors de leur courte vie.  Les Gee Gees de l'Université d'Ottawa et les Ravens de Carleton y ont aussi évolué. Le stade a ensuite été reconstruit pour accueillir le Rouge et Noir.  Il porte maintenant le nom de Place TD.

À noter que le Civic Centre d'Ottawa, aréna où y évoluaient les Sénateurs de la LNH à leur début, et où évoluent les 67's de la Ligue de hockey de l'Ontario, est sur le même site.
 

samedi 28 novembre 2015

Le Mud Bowl


En 1950, la Coupe Grey a eu lieu à Toronto, au Varsity Stadium.  Le stade de l’Université de Toronto n’avait déjà pas le plus beau terrain à ce moment.  Mais ce n’était pas tout.  Chose inhabituelle pour Toronto à la fin novembre, vingt centimètres de neige étaient tombés.  Un camion devait dégager le terrain, mais lorsque la neige s’est changée en pluie, il s’est embourbé.  Un autre camion a dû intervenir pour le tirer de là, avec l’effet que l’on peut imaginer sur l’état du terrain.
 
Au début du match, les conditions étaient déjà affreuses.  Il y avait des flaques de boue et des morceaux de glace.
 
Au niveau sportif, les Argonauts étaient légèrement favoris face aux Blue Bombers.  La pluie constante n’allait pas arranger les choses à l’attaque portée vers la passe de Winnipeg.
 
Au premier quart, un botté de Joe Krol s’est retrouvé dans la zone des buts pour ouvrir la marque avec un simple, 1-0 Argos.

Au deuxième quart, le botteur Nick Volpe a enchaîné avec deux placements et porté le pointage à 7-0 à la demie.
 
https://www.youtube.com/watch?v=qSXLROlS1S4

Les Bombers ont alors demandé une permission spéciale pour changer leurs uniformes complètement souillés, ce qui pouvait impliquer de changer de numéro des joueurs.  La permission leur a été accordée.  Les deux équipes ont ainsi retourné sur le terrain, qu’aucune toile ne protégeait pendant la pause.
 
S’est ensuite passé un événement qui a marqué l’imaginaire.  L’arbitre Hec Creighton a aperçu Buddy Tinsley allongé, face au sol.  Creighton a alors retourné l’imposant joueur de ligne des Bombers sur le dos.  La légende veut que Tinsley était sur le point de se noyer dans une marre d’eau.  Tinsley a plus tard assuré que ce n‘était pas le cas.  Selon sa version des faits, il avait aggravé une blessure et comme on avait enrubanné son genou de façon très serrée, il avait de la difficulté à bouger.
 
Le quart des Argos Al Dekdebrun a eu le dessus sur son vis-à-vis Jake Jacobs, qui a accordé quelques revirements dans des conditions lamentables.  Dekdebrun a marqué lui-même le seul touché du match sur une course de quatre verges.  Ce dernier avouera plus tard qu’il avait pu mieux contrôler les éléments en demandant au soigneur d’enrubanner des broches à ses doigts pour pouvoir avoir une meilleur emprise sur le ballon.
 
 
Toronto l’a emporté 13-0, dans ce qui a été la première de cinq Coupes Grey de l’entraîneur Frank Clair.  Il s’agit de la dernière fois qu’une équipe ait été blanchie à la Coupe Grey.
 
Sources :
 
Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968,
 
Drake, Stephen, Weird facts about Canadian Football: Strange, wacky & hilarious stories, OverTime Books, 2009, p.31 à 33,
 
Januska, Michael, Grey Cup Century, Dundurn, 2012, p.97 à 99,
 
« Canadian-born players in Limelight » de Vern DeGeer, 26 novembre 1950, Montreal Gazette, p.20.

vendredi 13 novembre 2015

Le Canadian Football Act



 

Nous sommes au début des années 70 et fort de son expérience à avoir lancé la American Basketball Association et la World Hockey Association (Association mondiale de hockey), Gary Davidson, l'homme à l'origine de ces ligues rivales, décide de s'attaquer au football professionnel. Il faut dire qu'à l'époque, la NFL était celle qui, dans les 20 dernières années, avait eu le plus à se battre contre des ligues rivales, assimilant la AFL (American Football League) et poussant la moins célèbre Continental Football League (qui avait une équipe à Montréal) vers le néant. Davidson par contre avait de son côté des alliés de taille dans la plupart des villes nord-américaines en ce que des propriétaires d'équipes de ses autres circuits l'aidèrent à mettre sur pied des équipes. La première saison de la ligue était prévue pour 1974.
 
Parmi ces alliés, il y avait un dénommé John F. Bassett.  Bassett était une ancienne star canadienne du tennis provenant d'une famille très riche de la région de Toronto.  Son père avait entre autres créé CFTO, la première station de télé privée de Toronto, qui devint la station phare du réseau CTV.  Bassett fils était alors en affaire avec Davidson en ce qu'il était le propriétaire des Toros de Toronto, équipe de la WHA supposée rivaliser le marché de Toronto avec les Leafs. 




Ainsi, lors de l'annonce des premières équipes de la WFL, une équipe de Toronto pilotée par Bassett, les Northmen de Toronto, était supposée entrer dans la ligue lors de la saison initiale. Allant encore plus de l'avant, Bassett mit la main dans son portefeuille et alla chercher trois joueurs vedettes des puissants Dolphins de Miami, Larry Csonka, Jim Kiick et Paul Warfield.  Rappelons qu'à l'époque, les Dolphins sortaient de ce qui constitue toujours la seule saison parfaite de l'histoire de la NFL, remportant tous les matchs jusqu'au Super Bowl VIII.
 
Alors que tout le monde aurait dû être heureux de voir cette équipe arriver en ville, d'autant plus que les Argonauts étaient dans des années de vaches maigres, le discours alla à l'inverse. L'arrivée du football américain était alors perçu comme une menace au football canadien même, véritable institution de la culture pan-canadienne (selon certains). Ainsi, l'arrivée d'une équipe de football américain à Toronto défiait le football canadien en menaçant l'existence des Argonauts de Toronto et du même coup probablement l'existence de la LCF tout court.  Sans équipe à Toronto, cette ligue pan-canadienne perdait un de ses ports d'attache les plus important.
 
La chose alla si loin que le gouvernement fédéral de monsieur Pierre Elliott Trudeau déposa en chambre une loi nommée le Canadian Football Act.  Cette loi voulait protéger le caractère unique du football canadien et ainsi interdire le football américain en sol canadien.  On se rappellera des efforts de Trudeau pour constituer, construire une sorte de nationalisme canadien, une identité propre aux canadiens, voulant ainsi se distinguer de la culture britannique et américaine.  Ainsi, en votant une loi qui allait garantir le monopole de LCF au Canada, Trudeau voulait signifier que le football canadien était une grande constituante de la culture canadienne, ce qui nous distinguait de la culture américaine. 
 
Devant toute cette commotion, on ne veut pas nécessairement finir par avoir une loi fédérale contre vos projets d'affaire dans la vie.  Bassett décida donc de prendre ses clics et ses claques et déménagea l'équipe à Memphis.  L'équipe prit le nom Southmen et prit un ours brun comme logo au lieu d'un ours polaire. Étrangement, la deuxième fois qu'une équipe partira du Canada pour Memphis, elle aura un ours également comme logo, les Grizzlies de la NBA. Et justement, le surnom de l'équipe fut les Grizzlies... Après le "déménagement" de l'équipe, le texte de loi qui était rendu en deuxième lecture fut abandonné...
 
Depuis, une seule équipe de football américain joua au Canada, la Machine de Montréal... 
 
Les Southmen jouèrent deux saisons dans la WFL avant que cette ligue ne disparaisse...
 
Toujours étrangement, le football professionnel revint à Memphis sous les offices de la CFL au début des années 90, avec les éphémères Mad Dogs.
 
Des trois ligues rivales que Gary Davidson mit sur pied, la WFL fut la seule dont aucune ne fut incorporée à la ligue avec qui elle voulait rivaliser... Les Southmen et les Americans de Birmingham, les deux équipes les plus stables de la ligue, tentèrent fortement de joindre la NFL, allant même en cour avec la chose, mais en vain... Une bonne partie de l'alignement et l'entraîneur des Southmen se joignirent aux Giants de New York pour la saison 1976.

L'équipe de Washington de la WFL était supposée se nommer les Capitals de Washington, mais l'équipe d'expansion de la LNH avait les droits pour ce nom...

Les Argonauts de Toronto ne remportèrent aucune Coupe Grey durant les années 70...
 
Le Canadian Football Act allait aussi loin que de mentionner que personne ne peut posséder, diriger ou opérer une équipe de football professionnel au Canada en dehors de la LCF... 
 
Les maires de Toronto, Montréal et Vancouver s'étaient ouvertement opposés à cette loi... 
 
Texte de Martin Itfor, initialement publié sur pucktavie.blogspot.ca
 

jeudi 5 novembre 2015

Bill Baker


Du milieu des années 1960 au milieu des années 1970, les Roughriders de la Saskatchewan avaient une bonne équipe, mais pour toutes sortes de raisons, elle semblait incapable de mettre la main sur la Coupe Grey.  En fait, ce n’est qu’en 1966 qu’elle y est parvenue.
 
C’est au sein de cette équipe qu’arrive Bill Baker en 1968.  Dès son année recrue, l’ailier défensif se joignit à la défensive la plus avare de points de la ligue, même par rapport aux équipes de l’est, qui jouent pourtant deux matchs de moins.  En 1969, Saskatchewan, qui s’était encore mérité le titre dans l’ouest et avait encore été la meilleure défense de la ligue, atteignit une fois de plus la finale, contre les autres Rough Riders cette fois.  Le match, qui s’est déroulé à l’Autostade de Montréal, a finalement permis au quart d’Ottawa, Russ Jackson (voir texte du 4 décembre 2012), de s’illustrer dans ce qui fut le dernier match de sa carrière.  Saskatchewan s’est incliné 29-11.
 
 En 1971, on souligna le travail de Baker en le nommant au sein de l’équipe d’étoiles de l’ouest.
 
En 1972, il fut choisi sur l’équipe d’étoiles de la ligue.  De leur côté, les Riders montrèrent une fiche ordinaire de 8-8, mais ils se faufilèrent quand même jusqu’en finale.  Ils s’inclinèrent par contre à nouveau, cette fois devant Hamilton, dans ce qui fut le dernier match d’Angelo Mosca (voir texte du 2 septembre 2012).  La défensive avait fait le boulot du côté des Riders, mais l’attaque a été contenue, dans une défaite de 13-10.
 
L’année suivante, Baker fut encore choisi au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue, avant de se retrouver ensuite avec les Lions de la Colombie-Britannique, une équipe moins forte.  Ça ne l’empêcha pas d’être de nouveau sélectionner sur l’équipe d’étoiles de la ligue.  En 1976, au sein d’une équipe médiocre, Baker fut non seulement choisi sur l’équipe d’étoiles, mais il reçut également le titre de joueur défensif de la ligue.
 
En 1977, il retourna en Saskatchewan, mais ce fut à leur tour d’éprouver des difficultés.  Baker passa ses deux dernières campagnes avec des formations très ordinaires.  En bout de ligne, malgré une carrière remarquable de onze ans, Baker n’a jamais remporté la Coupe Grey.
 
Baker refit surface avec les Riders en 1987, mais ceux-ci étaient toujours dans leur mauvais cycle.  Nommé directeur-gérant, l’équipe connut une saison difficile en 1987 (5-12-1), mais une bien meilleure en 1988 (fiche de 11-7).  Toutefois, après deux ans, il poursuivit d’autres projets.
 
Baker ne disparut par contre pas du monde du football.  Il suivit les traces de Jake Gaudaur (voir texte du 11 novembre 2012) et Doug Mitchell et fut suivi plus tard par Larry Smith (voir texte du 29 septembre 2013) en tant qu’ex-joueur qui prit la tête de la Ligue canadienne.  Il sera président pendant un an, en 1989.  Ironiquement, c’est au cours de cette même année que les Riders se méritèrent finalement leur deuxième Coupe Grey, mais Baker n’y était plus.
 
Celui qu’on surnommait "The Undertaker" (le fossoyeur) lorsqu’il jouait fut admis au Temple de la renommée du football canadien en 1994.
 
Sources : cflapedia.com, wikipedia.org.

jeudi 29 octobre 2015

Johnny Bright


Après avoir accepté une bourse de Michigan State, Johnny Bright décida après un an d’opter pour une université plus petite, Drake University, en Iowa.  Il y reçut une autre offre de bourse, en athlétisme, qui lui permit également de pratiquer le football et le basketball.
 
Sur le terrain hachuré, alors qu’il jouait autant comme quart que comme demi offensif, il accumula en 1949 975 verges par la course, en plus compléter des passes pour la même distance.  Son offensive totale fit de lui le meneur au pays.
 
L’année suivante, il augmenta ses totaux à 1232 et 1168 verges.  Leur somme de 2400 verges constitua alors un record de la NCAA.
 
La saison 1951 se présentait bien et Bright était considéré comme un aspirant au Trophée Heisman.  Au cours des cinq premiers matchs de la saison, Bright continua de briller.
 
Le 20 octobre 1951, Drake devait se rendre en Oklahoma pour affronter les Aggies d’Oklahoma A&M, une université qui commençait à peine à accueillir des noirs.  Il devint ensuite évident que Bright, lui-même un noir, était un joueur marqué.  Les journaux étudiants en firent même mention.  Au cours du match, certains spectateurs auraient entendu l’entraîneur d’Oklahoma A&M s’exclamer "Get that nigger!"
 
Au cours des sept premières minutes, le joueur de ligne défensive Wilbanks Smith le frappa si fort qu’il le laissa inconscient pendant un moment à trois reprises.
 
C’est ce même Smith qui lui asséna ensuite un coup de coude qui lui fractura la mâchoire.  Malgré tout, Bright demeura sur le terrain pour quelques jeux, complétant au passage une passe de touché, avant de devoir quitter pour des raisons évidentes.  Par contre, des photographes d’un journal de l’Iowa prirent une séquence de clichés qui démontrèrent clairement que Smith avait agi alors que le jeu était terminé.  Cette séquence de photos valut d’ailleurs à leurs auteurs un prix Pulitzer.
 
Toutefois, ce ne fut pas suffisant.  L’université nia catégoriquement que son équipe avait ciblé un joueur, et encore moins pour des motifs racistes.  La Missouri Valley Conference refusa quant à elle d’imposer quelque sanction que ce soit à Oklahoma A&M.  À titre de représailles, Drake et Bradley University s’en retirèrent à la fin de la saison.  Néanmoins, la NCAA modifia ses règles et recommanda l’utilisation de protecteurs faciaux.
 
Bright compléta tant bien que mal sa saison, mais son efficacité fut bien sûr affectée.  Il termina cinquième au scrutin pour le Heisman.
 
Au repêchage de la NFL de 1952, Bright fut choisi cinquième au total par les Eagles de Philadelphie.  Une place au sein de l’équipe aurait ainsi fait de lui le premier noir avec les Eagles.  Ne sachant pas quel traitement l’attendait, Bright préféra plutôt se diriger vers le nord, en acceptant l’offre des Stampeders de Calgary.  Dans la LCF, comme c’était commun à l’époque, il fut utilisé autant en attaque (dans le champ arrière) qu’en défensive (comme secondeur), en plus de retourner des bottés.
 
 Au cours de la saison 1954, il fut échangé à leurs rivaux albertains, les Eskimos d’Edmonton, avec qui il se révéla l’une des pièces manquantes.  Avec Bright et Normie Kwong (voir texte du 28 septembre 2012) dans le champ arrière et Jackie Parker comme quart-arrière, l’attaque d’Edmonton était redoutable.  Les Eskimos remportèrent leurs trois premières Coupes Grey en 1954, 1955 et 1956. (voir texte du 16 février 2013)
 
Quant à lui, Bright fut désigné meilleur joueur de la division ouest en 1957, 1958 et 1959.  En 1958, il remporta également le titre de meilleur joueur de la ligue, année où il accumula 1722 verges au sol.
 
Au fil de sa carrière, il reçut de nombreuses offres pour aller dans la NFL, mais celles-ci ne parvenaient jamais à égaler ce qu’il gagnait en combinant son salaire d’athlète à ce qu’il gagnait comme professeur à Edmonton.  Il s’y établit donc et y demeura même après sa carrière de football.
 
À sa retraite, en 1964, Bright avait accumulé 10 909 verges au sol, ce qui constituait à l’époque le record de tous les temps au football canadien.  (Cette marque a depuis été battue par George Reed, voir texte du 11 janvier 2013 et Mike Pringle.)  Sa moyenne de 5,5 verges par course demeure encore aujourd’hui la plus élevée du football professionnel.  Très résistant, il joua 197 matchs consécutifs.
 
Depuis 1970, il est membre du Temple de la renommée du football canadien.
 
En 1983, une crise cardiaque l’emporta, à l’âge de 53 ans.
 
Ce n’est que 22 ans après son décès, 54 ans après l’incident, qu’Oklahoma A&M (devenu Oklahoma State) s’excusa auprès de Drake University.
 
Depuis, le stade de Drake a été renommée en l’honneur de Bright, tout comme une école d’Edmonton.
 
Sources : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.127,
 
cflapedia.com, wikipedia.org.