jeudi 18 septembre 2014

Wally Buono


Né en Italie, c’est en bas âge que Pasquale "Wally" Buono déménagea à Montréal avec sa famille.  Son père étant décédé alors que Wally n’avait que huit ans, il grandit dans des conditions plutôt difficiles. 
 
Après avoir été initié à ce sport par Al Phaneuf, qui jouera plus tard pour les Alouettes, un parcours dans le football mineur le mena à gagner sa place avec les Bengals d’Idaho State University.
 
À l’issu de son stage universitaire, il retourna dans sa ville.  Il fit partie de la classe de 1972, alors que plusieurs autres recrues comme Larry Smith (voir texte du 29 septembre 2013), Junior Ah You (voir texte du 29 janvier 2013), Dan Yochum, Dickie Harris, Don Sweet et Glen Weir, se sont joints aux Alouettes en même temps que lui.
 
Buono, un secondeur et un botteur de dégagement, n’a jamais été un joueur étoile, mais il faisait son travail honnêtement.  Il n’a d’ailleurs jamais raté un match en dix ans.
 
Même si les choses n’allaient pas si bien à son arrivée, la majorité de sa carrière s’est passée pendant une période heureuse pour les Alouettes.  Il a donc fait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Grey en 1974 et 1977, en plus de participer à la finale en 1975, 1978 et 1979.
 
Buono a aussi eu l’occasion de jouer sous les ordres de Marv Levy. 
 
En bon étudiant, Buono a appris beaucoup et plusieurs coéquipiers étaient convaincus qu’il y avait un entraîneur en lui.
 
Buono a joué jusqu’en 1981, année catastrophique pour les Alouettes.  (voir texte du 8 septembre 2012)
 
Il ne prit par contre pas de temps à revenir dans le giron de l’équipe.  En 1983, il fut nommé assistant entraîneur de l’équipe qui portait dorénavant le nom de « Concordes ».  Il avait entre autres comme collègue Jacques Dussault.
 
En 1987, il se joignit aux Stampeders de Calgary, dans les mêmes fonctions.  Et c’est en 1990 qu’il devint entraîneur-chef.  À ce moment, l’équipe n’était pas mauvaise, mais il demeure qu’elle n’avait pas remporté sa division, ni gagné la Coupe Grey, ni même atteint la finale depuis dix-neuf ans.  Buono ne prendra pas de temps à changer les choses.
 
Dès sa première année, les Stamps terminèrent premiers de la division ouest.  En fait, ils termineront premiers de leur section huit fois en onze ans, incluant cinq saisons consécutifs (de 1992 à 1996).  À partir de 1992, il devint également directeur-gérant.
 
En treize saisons, son équipe participa à six finales de la Coupe Grey.  De celles-ci, ils en remportèrent trois, incluant celle de 2001 au Stade Olympique, où Buono a longtemps joué.  En fait, les équipes de Buono remportèrent plus de Coupes que toutes les équipes des Stampeders avant son arrivée réunies (deux Coupes en quarante-six ans).
 
Reconnu pour sa capacité à travailler avec les quarts, il en eut sous ses ordres au fil des ans d’excellents, comme Doug Flutie, Jeff Garcia et Dave Dickenson.
 
Suite à la saison 2002, Buono eut un différend avec le nouveau propriétaire et décida de quitter, lui qui montrait une fiche globale de 153-79-2.
 
Il se retrouva alors sur les lignes de côté des Lions de la Colombie-Britannique, en plus de cumuler les fonctions de directeur-gérant.  Encore une fois, le succès fut au rendez-vous.  Les Lions terminèrent premiers de la division ouest quatre fois consécutives (de 2004 à 2007).  Sous sa gouverne, les Lions firent trois apparitions à la Coupe Grey et en gagnèrent deux (2006 contre les Alouettes et 2011).
 
C’est à ce moment qu’il décida de laisser sa place comme entraîneur pour se concentrer sur son poste de directeur-gérant, poste qu’il occupe toujours d’ailleurs.
 
À ce moment, sa fiche était de 254-139-3.  Il s’agit toujours du plus haut total de victoires pour un entraîneur dans l’histoire de la LCF.
 
En plus de ses sept Coupes Grey, Buono a remporté quatre fois le Trophée Annis-Stukus (voir texte du 18 juillet 2014), remis à l’entraîneur de l’année.
 
Wally Buono deviendra membre du Temple de la renommée du football canadien cette année.  Les cérémonies auront lieu à Montréal, là où tout a commencé, les 20 et 21 septembre.
 
Sources : "Wally Buono’s unbelievable journey to Canadian Football Hall of Fame" de Cam Cole, 23 novembre 2013, Vancouver Sun (vancouversun.com), cflapedia.com, wikipedia.org.

dimanche 7 septembre 2014

Terry Evanshen

Originaire de Pointe-Saint-Charles, Terry Evanshen avait été recommandé par J.I. Albrecht, du personnel des Alouettes, à l’Université Utah State.  Suite à son stage universitaire, il revint dans sa ville natale et se tailla un poste avec l’équipe pour la saison 1965.  Il ne mit pas de temps à s’illustrer avec les Zoiseaux.  Malgré un physique peu imposant (5'10'' 185 lbs), il était fiable.  Il se mérita le titre de recrue de l’année dans la division est, en plus d’être nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’est, comme receveur de passes.

Par contre, les Alouettes étaient dans une période trouble, où l’administration prenait des décisions plutôt discutables.  Malgré que l’équipe venait d’afficher une fiche perdante pour une septième saison de suite où Evanshen représenta une rare attraction, elle échangea sa nouvelle sensation pendant le camp d’entraînement.  La direction ne voulait pas rencontrer les exigences salariales trop élevées de la part de son confiant jeune joueur.  De plus, apparemment qu’Evanshen ne s’entendait pas avec le nouvel entraîneur, Darrell Mudra. Il se retrouva ainsi dans l’uniforme des Stampeders de Calgary.  Tony Pajaczkowski, un joueur étoile d’origine montréalaise, mais en fin de carrière, prit le chemin inverse.
 
Sa nouvelle équipe l’utilisa plus que l’année précédente et Evanshen en profita.  Ses réceptions passèrent de 37 à 67 et ses verges accumulées, de 631 à 1200, un sommet dans l’ouest.
 
En 1967, Evanshen continua sur sa lancée, avec 96 réceptions (un record à l'époque), 1662 verges, 17 touchés, une nomination au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue et le titre de meilleur joueur canadien.
 
L’année 1970 marqua un renouveau chez les Alouettes, avec un nouveau propriétaire (Sam Berger, voir texte du 5 novembre 2012), qui ramena les ancienne gloires Red O’Quinn (voir texte du 2 décembre 2013) comme dg et Sam Etcheverry (voir textes du 2 et du 6 juillet 2013) comme entraîneur.  La nouvelle administration s’affaira à corriger l’erreur de 1966 en rapatriant Evanshen, membre de l’équipe d’étoiles de sa division à chacune de ses cinq saisons.
 
L’équipe afficha un certain progrès, avant d’y aller de surprise en surprise en séries, jusqu’à gagner une première Coupe Grey en plus de vingt ans.  Il s’agissait de la deuxième de l’équipe.
 
La saison 1971 montra un retour aux vieilles habitudes.  Leur fiche de 6-8 fit rater les séries aux Alouettes.  Toutefois, ça n’empêcha pas Evanshen de s’illustrer.  Son total de 852 verges lui valut un deuxième titre de meilleur joueur canadien de la ligue.
 
Les années suivantes furent moins intéressantes pour Evanshen et ses performances allèrent en déclinant.  Pour la saison 1973, ses statistiques se limitèrent à 278 verges et un touché.  L’année suivante, il fut retranché pendant le camp, pour ensuite se retrouver avec Hamilton.  Il y fut pour quatre ans, incluant une très respectable saison 1975 (970 verges, 13 touchés et une autre nomination au sein de l’équipe d’étoiles de la division).

En 1978, il passa une dernière saison avec les Argonauts, avant de prendre sa retraite.  Au total, il capta 600 passes, pour 9670 verges et 80 touchés.
 
Il fut élu membre du Temple de la Renommée du football canadien en 1984.  À quarante ans, il était le plus jeune à recevoir cet honneur.
 
En 1988, Evanshen fut victime d’un grave accident d’automobile, lorsque sa jeep fut heurtée sévèrement.  Contre toute attente, il survécut.  Par contre, lorsqu’il sortit du coma deux semaines plus tard, il ne se souvenait de rien et ne pouvait même plus reconnaître son épouse et ses trois filles.  Le retour à la normale fut long et pénible.  Son parcours inspira un livre, “The Man Who Lost Himself”, qui fut adapté en téléfilm en 2005. 
 
Depuis 1992, il est conférencier, où il raconte son histoire.
 
En 1994, la LCF nomma le trophée récompensant le meilleur joueur de la division est le Trophée Terry Evanshen.
 
Sources: 
 
Lemay, Daniel, Montréal Football, un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.130 à 136, 181,
 
“Alouettes Get Pajaczkowski, Lose Evanshen In Trade” de Bob Scott, 20 mai 1966, Montreal Gazette, p.17,
 
cflapedia.com, terryevanshen.com, wikipedia.org.

jeudi 28 août 2014

Dwayne Johnson


Jouant sur la ligne défensive, Dwayne Johnson eut l’occasion de faire partie d’une équipe de l’Université de Miami au sommet.  En fait, en 1991, les Hurricanes partagèrent le titre national avec les Huskies de l’Université de Washington.  Par contre, au fil de sa carrière universitaire, il reçut une compétition intense de son coéquipier Warren Sapp.  Johnson dut donc développer sa versatilité pour compenser, d’autant plus qu’il subit des blessures. 
 
Les années qui suivirent confirmèrent le grand talent de Sapp.  Choix de première ronde en 1995, il aura une carrière de treize ans dans la NFL, principalement avec Tampa Bay, mais aussi avec Oakland.  Il jouera dans sept Pro Bowls, gagnera un Super Bowl, en plus d’être élu au Temple de la Renommée et de voir les Bucs retirer son numéro.  Il n’y a donc aucune honte pour Johnson d’avoir été dans son ombre. 
 
Par contre, Johnson ne fut pas repêché par aucune de la NFL.  Il tenta donc sa chance au nord de la frontière, avec les Stampeders de Calgary.  Cette destination était d’autant plus logique que son père est lui-même canadien.  Membre de l’équipe de réserve, il fut par contre libéré après deux mois du début de la saison 1995.  C’est ainsi que se termina sa carrière de football, à son grand désespoir.
 
C’est alors qu’il suivit d’une autre façon les traces de son père.  Rocky « Soulman » Johnson avait connu une longue carrière de lutteur, ce qui entraîna de nombreuses absences et déménagements à sa famille (et qui mena Dwayne à avoir une adolescence tumultueuse).  Il avait d’ailleurs rencontré son épouse (la mère de Dwayne) par l’entremise d’un collègue lutteur, puisqu’elle était la fille de « High Chief » Peter Maivia, originaire des Îles Samoa.  On retrouva également dans cette industrie ses oncles (Afa et Sika, « The Wild Samoans ») et de nombreux cousins (Yokozuna, Rikishi, Rosey et Umaga).  Il devenait donc pratiquement naturel pour lui de suivre cette voie.  Par contre, connaissant à quel point cette vie était dure, son père eut d’abord des réticences à l’entraîner, avant d’accepter.
 
Les débuts furent difficiles.  D’abord un « bon », son personnage ne fonctionnait pas vraiment.  Mais lorsqu’il se retrouva du côté des « méchants », sa carrière décolla.  Tout en se montrant arrogant et détestable, « The Rock » connut beaucoup de succès dans l’arène et se mérita plusieurs titres au sein de la WWF/WWE.
 
 
Vers 2000, sa carrière prit un tournant plutôt étonnant en faisant des présences à la télé (That 70’s Show, Saturday Night Live, Star Trek…), en plus de recevoir aussi des offres pour le cinéma.  Il se concentra d’abord sur des films d’action (The Mummy Returns, The Scorpion King…) avant de se diversifier.  Il participa aussi à des comédies (Be Cool, Tooth Fairy…) et fit des voix pour des dessins animés (Planète 51).  Sa présence semble avoir un effet plus que positif sur les recettes des films (nombreux) où il apparait.  Ses cachets sont donc en conséquence.
 
Après une absence du monde de la lutte pour se concentrer sur sa carrière d’acteur, il y fit un retour en 2011, jusqu’à ce qu’il fut blessé en 2013.
 
Sources : “How good was The Rock at football?” de Dan Fiedell, 12 novembre 2012, ESPN The Magazine (espn.go.com), “Hello, my name is Dwayne Johnson” de Allison Glock, Juin 2008, Men’s Journal, (mensjournal.com), “Johnson rocks a new image:  Family-film star” de Scott Bowles, 12 mars 2009, USA Today (usatoday30.usatoday.com), wikipedia.org.

jeudi 21 août 2014

Karl Hilzinger


Originaire de Montréal, Karl Hilzinger joua son football junior avec les Maple Leafs de Notre-Dame-de-Grâce.  En 1952, il fit le camp des Alouettes, mais pas l’équipe.
 
En 1953, il eut une seconde chance, avec les Roughriders de la Saskatchewan.  Il put alors jouer dans le champ arrière et sur les retours de botté.  Il accumula 211 verges au sol, 127 par la passe et 103 sur les retours.
 
Après avoir vu peu d’action en 1954, il se retrouva à Ottawa l’année suivante.  Il y passa quatre saisons.
 
Pendant sa carrière et par après, il passa ses hivers à travailler comme moniteur de ski au Mont-Tremblant.  Son physique avantageux lui permettait également de travailler comme mannequin, pour entre autres des présentations de maillots de bain.
 
 
Il semblait tout avoir pour lui.  Mais une partie de tout cela pris fin en 1964.  Alors qu’il était passager dans une auto décapotable, celle-ci heurta un poteau électrique.  Les quatre transformateurs qui y étaient accrochés tombèrent au sol.  Hilzinger se retrouva alors avec des fils à haute tension sur la poitrine, le bras droit et les jambes.  Comme ces dernières touchaient au sol, l’électricité les a traversées.  Étonnamment, Hilzinger n’est pas décédé.  Par contre, son bras et sa cage thoracique furent sévèrement brûlés.  Quant à ses jambes, elles durent être amputées.
 
Malgré cette difficile épreuve, il ne se laissa pas abattre.  Il trouva le moyen de continuer à skier, en plus de jouer au golf, de pratiquer la plongée, le ski nautique, la nage et le baseball.  Mais surtout, celui qu’on surnommait Karlo devint porte-parole des Amputés de guerre.  Au début des années 1980, les publicités où on le voyait skier sur ses moignons furent diffusées des centaines et des centaines de fois.  Cette campagne débuta une collaboration entre les Amputés de guerre et la Ligue Canadienne de Football qui demeure jusqu’à ce jour.
 
En 1984, il se mérita le Prix du progrès, pour sa contribution à la communauté.
 
Le 19 décembre 1988, à l’âge de 55 ans, Karl Hilzinger succomba à une crise cardiaque.
 
Sources :
 
“Chan likes Hilzinger” Ottawa Citizen, 28 juillet 1955, p.21,
 
“Hilzinger ’Fund’”, Ottawa Citizen, 2 octobre 1964, p.19,
 
“Friends wonder about Hilzinger” de Tim Burke, Montreal Gazette, 10 février 1984, p.C1,
 
“Sports Shorts”, Montreal Gazette, 21 septembre 1984, p.D4,
 
“Riders legend Jay Roberts left beautiful gift” de Earl McRae, Ottawa Sun, 9 octobre 2010 (ottawasun.com),
 
amputesdeguerre.ca, cflapedia.com.

jeudi 7 août 2014

Pierre Dumont


Après un passage avec les Carabins de l’Université de Montréal (première version), Pierre Dumont se présenta au camp de 1965 des Alouettes, mais il ne fit pas l’équipe.  L’année suivante fut par contre la bonne, alors que lui et Pierre Desjardins (voir texte du 18 octobre 2012) vinrent augmenter la délégation francophone dans l’équipe.
 
Utilisé principalement comme secondeur, il réalisa une interception dans une saison recrue écourtée par une blessure.
 
C’est une autre blessure qui lui fit rater la saison 1968 au complet.  Il revint en 1969, où il joua tous les matchs, en plus de réaliser une interception et un touché.  Il fut également le nominé de l’équipe pour le Trophée Jeff-Russel, remis au meilleur joueur de la division est.
 
Il faut dire par contre que les Alouettes venaient de connaître une saison horrible (2-10-2).  En fait, Dumont ne s’est pas retrouvé avec les Alouettes au cours de leur meilleure période.   Au cours de ses trois saisons avec le club (1966, 1967, 1969), il joua un total de 36 matchs.  Pendant ce temps, l’équipe cumula une fiche globale de 11-29-2.
 
En 1970, avec l’arrivée de Sam Berger comme propriétaire (voir texte du 5 novembre 2012), Red O’Quinn comme directeur-gérant (voir texte du 2 décembre 2013) et Sam Etcheverry comme entraîneur (voir texte du 6 juillet 2013), l’espoir renaît.  Et après une saison décente de 7-6-1, les Alouettes se faufilent et créent la surprise en remportant la Coupe Grey.  Mais à ce moment, contrairement à son coéquipier Desjardins, Dumont n’est plus avec l’équipe.
 
 
Il aura toutefois l’occasion de vivre des années plus heureuses d’une autre manière.  En plus d’être professeur d’éducation physique, Dumont a été pendant de longues années commentateur / analyste des matchs des Alouettes, autant à la radio de CKAC qu’à la télévision de Radio-Canada.  Et lorsque la situation le nécessitait, il n’hésitait pas à y aller de commentaires acerbes.  Dans la période pénible du début des années 1980, il pouvait arriver souvent que la situation le nécessite…
 
Il est aujourd’hui à la retraite.
 
Sources :   
 
Lemay, Daniel, Montréal Football, un siècle et des poussières, Éditions La Presse, 2006, p.136-137-146-147,
 
Turbis, Pierre et Bruneau, Pierre, La grande histoire des Alouettes de Montréal, Éditions de l’Homme, 2007, p.198,
 
« Une carrière lourde de conséquence » de Michel Marois, La Presse, 21 janvier 2012 (lapresse.ca),
 
cflapedia.com.

jeudi 31 juillet 2014

John Sopinka

Né en Saskatchewan mais ayant grandi à Hamilton, John Sopinka compléta son baccalauréat à l’Université de Toronto tout en jouant au football.  En 1954, il conclut sa carrière universitaire en aidant les Varsity Blues à remporter la Coupe Yates, le championnat inter-université de l’époque.
 
L’année suivante, il s’inscrivit en droit, toujours à l’Université de Toronto, sans toutefois arrêter de jouer au football.  Il se tailla en effet une place avec les Argonauts, où il fut utilisé comme secondeur, receveur de passes et retourneur de botté.  Toujours en étudiant, il poursuivit sa carrière au football en 1956 et 1957.  Au total, il joua 29 matchs avec les Boatmen, en plus de compléter la saison 1957 en jouant 8 matchs dans l’uniforme des Alouettes.  Il accumula 6 interceptions, 116 verges par la passe et 71 verges sur des retours de botté.  Il compta également 2 touchés.
 
En 1960, il fut admis au Barreau, pour ensuite pratiquer le droit.  Il devint plus tard partenaire senior de la firme Stikemen Elliott.  En plus d’enseigner à la faculté de droit de l’Université de Toronto et à Osgoode Hall, il devint également un avocat très en vue.  Il fut entre autres impliqué dans un procès hautement médiatisé au début des années 1980, lorsqu’une infirmière de l’Hôpital pour enfants de Toronto fut accusée du meurtre de dizaines de nourrissons par empoisonnement.  Sa cliente fut finalement innocentée et compensée pour avoir été faussement accusée.
 
En 1985, il fut impliqué dans la Commission Deschênes, au sujet de la présence de criminels de guerre au Canada.
 
En 1988, Sopinka fut nommé à la Cour Suprême par le premier ministre Brian Mulroney.  Il s’agissait de la première fois qu’on nommait quelqu’un à un tel poste sans qu’il ait été juge au préalable.  Il devint également le premier d’origine ukrainienne à y occuper un siège.
 
En 1997, suite à une maladie rare du sang, il décéda à l’âge de 64 ans.
 
Depuis, le nouveau palais de justice au centre-ville d’Hamilton a été nommé en son honneur.  La Coupe Sopinka a aussi été créée pour récompenser les gagnants d’un concours de plaidoirie, impliquant des étudiants en droit de partout au Canada.
 
Sources :  cflapedia.com, scc-csc.gc.ca, thecanadianencyclopedia.com, wikipedia.org.

jeudi 24 juillet 2014

Woody Strode

Au début des années 1940, on retrouvait au sein de l’équipe de football de UCLA Jackie Robinson, Kenny Washington et Woody Strode.  Robinson fut en 1946 le premier noir à jouer au baseball organisé avec les blancs, d’abord avec les Royaux de Montréal de la Ligue Internationale, puis avec les Dodgers de Brooklyn de la Ligue Nationale.
 
Strode, quant à lui, revint de la guerre avant de devenir cette même année, avec Washington, les premiers noirs depuis 1933 à jouer dans la NFL.   Au même moment, Herb Trawick et John Moody faisaient la même chose pour la LCF avec les Alouettes (voir texte du 19 décembre 2012).  Il faut dire que les Rams n’avaient pas vraiment eu le choix.  Jusque-là basés à Cleveland, ils voulaient déménager à Los Angeles.  Par contre, pour leur louer le Coliseum, les autorités locales avaient exigé qu’ils embauchent des joueurs noirs.  Les Rams se tournèrent donc vers les deux anciennes gloires universitaires locales.
 
Pour Strode, l’expérience fut de courte durée et pénible.  Autant lui que son épouse (d’origine hawaïenne) furent constamment victimes d’abus verbal, principalement de la part des partisans.  (Sa femme en est même venue aux coups à une occasion.)  En 1947, il ne fit pas l’équipe.  En 1948, il tenta sa chance du côté des Dodgers de Brooklyn de l’AAFC (All-America Football Conference), mais sans succès.
 
Il se tourna alors vers la LCF et les Stampeders de Calgary.  Il se joignit ainsi à la seule équipe de l’histoire de la ligue à afficher une fiche parfaite (12-0).  Sa contribution importante lui valut une nomination au sein de l’équipe d’étoiles. 
 
Le tout culmina avec la première présence de l’histoire des Stampeders à la finale de la Coupe Grey.  Enthousiastes, une forte délégation de partisans de Calgary débarquèrent à Toronto et firent un grand déjeuner aux crêpes, une première qui est devenue une tradition qui existe toujours.  Les partisans allèrent même jusqu’à faire entrer un cheval dans le lobby du chic hôtel Royal York.  C’est d’ailleurs Strode qui le chevauchait.  C’est ainsi que furent créées, de manière spontanée et informelle, les premières festivités de la Coupe Grey.
 
Sur le terrain, Strode contribua en recouvrant un échappé au quatrième quart et en l’amenant jusqu’à la ligne de 11 verges.  Ce jeu mena au touché qui s’avéra décisif, dans une victoire des Stampeders 12-7 contre Ottawa.
 
Strode fut aussi élu au sein de l’équipe d’étoiles en 1949, mais une blessure le força à prendre sa retraite du football.  Il se dirigea alors vers le monde de la lutte professionnelle, lui qui en avait déjà fait au début des années 1940.  Il monta sur le ring jusqu’en 1960, mais à partir de 1952, il combina cette occupation avec le cinéma.
 
En plus de faire des apparitions à la télévision, il eut l’occasion de participer à de nombreux longs métrages, principalement des films d’action et des westerns, où son physique avantageux pouvait être mis en évidence.  En 1956, il prit part au tournage des ˮDix commandements.ˮ  En 1960, ce sera "Spartacus" de Kubrick.  Cette même année, il participa avec John Ford à ˮSergeant Rutledge.ˮ  Il développa alors une amitié avec Ford, avec qui il travailla sur plusieurs films par la suite comme ˮTwo Rode Togetherˮ et ˮThe Man Who Shot Liberty Valenceˮ.  En 1966, il fit partie du grand succès ˮThe Professionnalsˮ de Richard Brooks, avec Burt Lancaster.
 
Jugeant qu’il y avait peu de rôles intéressants pour un acteur noir du côté des États-Unis, il prit à la fin des années 1960 le chemin de l’Italie, où il tourna ˮBlack Jesusˮ, ˮIl était une fois dans l’Ouestˮ de Sergio Leone et plusieurs autres Westerns Spaghettis.
 
Il revint plus tard tourner aux États-Unis, par exemple dans le Cotton Club de Francis Ford Coppola, en 1984.
 
Actif jusqu’à la fin, il est décédé en 1994, à l’âge de 80 ans.
 
Sources : « Woody Strode :  Pioneer of ring, field and screen” de Greg Oliver (slam.canoe.com), biography.com, cflapedia.com, wikipedia.org.