jeudi 30 juillet 2015

Jack Gotta


Après être passé par l’université et l’armée, Jack Gotta se retrouva avec les Browns de Cleveland en 1956, mais il ne fit pas l’équipe.
 
L’année suivante, il eut une invitation des Stampeders de Calgary, avec plus de succès cette fois. 
 
En défensive, il jouait comme secondeur et comme maraudeur.  En offensive, il jouait comme receveur de passe.
 
En 1960, il signa avec les Roughriders de la Saskatchewan.  Il y demeura jusqu’en 1964, alors qu’il fut libéré au cours de la saison.  Il termina l’année avec les Alouettes, avant de prendre sa retraite comme joueur.
 
Il retourna ensuite en Saskatchewan l’année suivante, mais comme assistant-entraîneur cette fois.  En 1967, il prit le même poste, mais avec Ottawa cette fois.
 
En 1970, il eut sa première chance comme entraîneur-chef, mais dans un contexte particulièrement difficile.  Il dut prendre la place du légendaire Frank Clair (voir texte du 24 juillet 2013), qui venait de mener son équipe à la Coupe Grey.  Clair fut promu directeur-gérant pour remplacer Red O’Quinn (voir texte du 2 décembre 2013), parti à Montréal.  Et comme si ce n’était pas assez, les Riders perdirent également leur quart étoile Russ Jackson.  (voir texte du 4 décembre 2012)  Gotta vit donc passer les Riders de champions de la Coupe Grey à derniers de la division est.  Leur fiche passa de 11-3 à 4-10.
 
 
La direction des Riders se montra néanmoins patiente avec lui et la décision finit par payer.  Gotta se mérita le Trophée Annis-Stukus (remis au meilleur entraîneur, voir texte du 18 juillet 2014) en 1972 et en 1973.  Cette dernière année, Ottawa se mérita également la Coupe Grey.
 
En 1974, Gotta se laissa tenter par l’aventure de la World Football League (WFL), une nouvelle ligue qu’on tentait de démarrer aux États-Unis.  Il prit donc la tête des Americans de Birmingham.  Avec l’ex-Alouette George Mira au poste de quart, les Americans compilèrent une fiche de 15-5, en plus d’avoir le dessus sur les Blazers de la Florida au premier World Bowl.  Au moment de se rendre sur le terrain pour le match ultime, les joueurs savaient qu’il n’y avait plus d’argent pour les payer.
 
Le succès sur le terrain ne se transforma par contre pas par un succès financier et les Americans firent faillite.  Les salaires versés pour attirer des joueurs établis dans la nouvelle ligue finirent par être lourds à supporter.  La ligue, quoique très vacillante, revint pour une deuxième saison.  Un autre groupe opéra une équipe à Birmingham, cette fois nommé les Vulcans.  Gotta fit à nouveau partie de l’aventure, mais seulement à titre de directeur-gérant.  Il ne revint pas sur les lignes de côté.
 
Après un départ de 9-3, les Vulcans disparurent à leur tour, tout comme le reste de la ligue, qui ne termina même pas sa saison.
 
En 1977, malgré de l’intérêt de la part des Bears de Chicago, il retourna à Calgary, comme entraîneur et directeur-gérant.  En 1978, il remporta un troisième Trophée Annis-Stukus, alors que les Stamps redevinrent respectables avec une saison de 9-4-3.
 
Après la saison 1979, il laissa sa place sur les lignes de côté pour se concentrer sur son travail au deuxième étage.  Devant les résultats peu reluisants des Stamps, il reprit sa tâche d’entraîneur-chef en 1982 et 1983, au grand plaisir des journalistes.  En plus d’être sympathique et passionné, Gotta les faisait rire et leur donnait de bonnes histoires.  Par contre, les performances de l’équipe sur le terrain finirent par le rattraper.  Malgré une fiche de 8-8, Calgary rata les séries et Gotta fut congédié.
 
Après un bref passage comme analyste au réseau CTV, il eut la chance devenir entraîneur d’une autre équipe pour laquelle il avait déjà joué, la Saskatchewan.  Les résultats ne furent toutefois pas mieux et après deux saisons et une fiche cumulative de 11-22-1, il fut à nouveau congédié.
 
Il s’établit alors à Calgary.  Il est décédé en 2013, à l’âge de 83 ans.
 
Sources : ″Former CFL player, coach and GM Jack Gotta dies at 83″ d’Allan Maki, 29 juin 2013, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), cflapedia.com, stampeders.com, wikipedia.com.

jeudi 23 juillet 2015

Gino Cappelletti


Parfois, la route est longue avant d’arriver à destination…  Et un peu d‘aide des circonstances peut être utile.
 
Gino Cappelletti jouait comme deuxième quart-arrière à l’Université du Minnesota, son état natal.  Ce n’est qu’en 1954 qu’il eut la chance d’être quart partant.  Il mena les Golden Gophers à une fiche de 7-2, mais ce ne fut pas suffisant.  Il a été ignoré au repêchage de la NFL.
 
Cappelletti se trouva finalement une place dans l’ORFU (Ontario Rugby Football Union, niveau senior) avec les Imperials de Sarnia.  L’année suivante, il se retrouva avec le Balmy Beach de Toronto, de la même ligue, mais il ne put terminer la saison.  Il dut rentrer aux États-Unis pour remplir ses obligations militaires.
 
Il put revenir au Canada en 1958, alors que les Blue Bombers de Winnipeg lui firent signe.  Il fut finalement échangé à la Saskatchewan, mais il ne joua pas plus de match.  Il fit finalement un retour au niveau senior, encore une fois avec Sarnia, alors que l’équipe, désormais appelée les Golden Bears, montra une fiche de 9-1 et remporta le titre de la ligue.
 
En 1960, on tentait de démarrer une nouvelle ligue aux États-Unis, l’American Football League et on cherchait des joueurs remplir les alignements de ses huit équipes.  Après un an d’inactivité, Cappelletti tenta sa chance avec les Patriots de Boston et c’est finalement à ce moment qu’il put pleinement se faire valoir.
 
Il utilisa sa grande versatilité pour se faire valoir.  (Au cours de sa carrière, il a joué comme quart, botteur de précision, retourneur et secondeur.)  Mais c’est surtout comme receveur de passes qu’il s’est mis en évidence.  En 1961, les Patriots firent l’acquisition de Babe Parrilli, un quart qui avait roulé sa bosse dans la NFL et la LCF.  Le déclic ne fit immédiatement avec Cappelletti et ils formèrent une combinaison surnommée "Grand Opera".
 
Cappelletti fut choisi au sein de l’équipe d’étoiles à cinq reprises et fut le meilleur pointeur de l’AFL à autant de reprises (1961 et de 1963 à 1966).  Il obtint également le meilleur pourcentage de réussite chez les botteurs de précision de l’AFL en 1965.  Il se mérita même le titre de joueur le plus utile de la ligue en 1964.
 
Il détient plusieurs records, incluant le plus de points de l’histoire de l’AFL (1130, dont 42 touchés et 170 placements).  Lors de la saison 1965 (pas très bonne pour les Patriots), il marqua plus de la moitié des points de son équipe.
 
Ses 155 points pendant la saison 1964 (en 14 matchs) constituèrent un record d’équipe chez les Patriots jusqu’en 2005, alors que sa marque fut battue par Adam Vinatieri.
 
Cappelletti a joué toutes les saisons de l’AFL (jusqu’en 1969) et a joué une saison supplémentaire (1970) après la fusion avec la NFL.  Par contre celle-ci semble plus ou moins reconnaître ses exploits dans l’AFL, puisqu’il n’est toujours pas membre du Temple de la renommée.
 
Il est ensuite demeuré dans l’entourage des Patriots, en travaillant à la radiodiffusion de leurs matchs.  Il a formé un duo avec Gil Santos pendant 28 ans, le plus long de l’histoire de la ligue.
 
Il a pris sa retraite des médias en 2012.
 
Sources: cflapedia.com, pro-football-reference.com, wikipedia.org.

mercredi 15 juillet 2015

Peter Dyakowski


Peter Dyakowski est natif de Vancouver, sur la côte ouest.  Après son passage à l’école secondaire, il reçut une bourse de LSU (Louisiana State University), pour jouer au football, en plus d’étudier en histoire et en géographie.
 
En 2003, Dyakowski fit partie de l’équipe championne nationale du football universitaire. 
 
En 2006, il attira l’attention des Tiger-Cats d’Hamilton de la LCF, alors que ceux-ci le repêchèrent en deuxième ronde (11e au total).  Il reçut également de l’intérêt des Saints de la Nouvelle-Orléans, mais il ne fut pas retenu.
 
Joueur de ligne offensive imposant (6’5’’ ou 1,96m et 315 lbs ou 143 kg), il fit sa place chez les Tiger-Cats.  Il fut même choisi au sein de l’équipe d’étoiles en 2012 et en 2013.
 
Par contre, Dyakowski s’est illustré d’une autre façon.  En 2010, la CBC avait organisé une série d’émission qui s’appelait "Test the nation", un quiz avec différentes épreuves de connaissances générales.  Il s’y est inscrit par pur plaisir et s’amusa bien.
 
En 2012, la CBC organisa un autre tournoi du genre, intitulé cette fois "Canada’s Smartest Person" (la personne la plus intelligente du Canada).  Un ami incita alors Dyakowski à reprendre l’expérience.  Il fut donc l’un des centaines de participants à s’inscrire.
 
Dyakowski passa toutes les épreuves et fut retenu pour la grande finale avec trois autres participants.  Voulant valider plusieurs types d’intelligence, on leur imposa des tests de mathématiques et logique, musique, défis visuels et de relations interpersonnelles.  En bout de ligne, il réussit à faire mentir les préjugés que peuvent avoir certaines personnes au sujet de l’intelligence des athlètes au physique imposant.  Dyakowski a été désigné par la CBC "Canada’s Smartest Person".
 
Toujours membre des Tiger-Cats, Dyakowski a bien l’intention d’aider son équipe à remporter la Coupe Grey, après avoir atteint la finale en 2013 et en 2014.
 
Sources : "Canada’s Smartest Person, Peter Dyakowski", 9 mai 2014 (cbc.ca), "Hamilton Tiger-Cats lineman Peter Dyakowski named Canada’s Smartest Person" de Bob Mitchell, 19 mars 2012, The Toronto Star (thestar.com), wikipedia.org.

jeudi 9 juillet 2015

Jeff Nicklin


C’est en 1934 que Jeff Nicklin s’est joint à l’équipe de sa ville, les Blue Bombers de Winnipeg, avec qui il jouait comme ailier.
 
L’année suivante, suite à l’embauche de professionnels venus des États-Unis (à ce moment, les clubs étaient toujours considérés comme amateurs), les Bombers réussirent à remporter la Coupe Grey, une première pour un club de l’ouest. (voir texte du 22 novembre 2012)
 
En 1937 et en 1938, Nicklin fut nommé sur l’équipe d’étoiles de l’ouest et les Bombers se rendirent à nouveau en finale de la Coupe Grey.  Par contre, ils s’inclinèrent les deux fois, contre les Argonauts de Toronto.  Ils se reprirent toutefois l’année suivante, alors qu’ils vainquirent les Rough Riders d’Ottawa par la marque de 8-7.  Nicklin fut à nouveau choisi au sein de l’équipe d’étoiles, cette fois comme "flying wing" (un ailier qui peut bouger de la ligne vers le champ arrière).
 
Le football est devenu par la suite assez secondaire, considérant le contexte mondial.  La guerre éclata en Europe et Nicklin se joignit à l’armée.  Il alla ensuite une formation de parachutiste en Géorgie, avant de revenir au Manitoba.  C’est ainsi qu’en 1942, il se joignit premier bataillon canadien de parachutistes et qu’il obtint le grade de major.
 
Il fut ensuite déployé de l’autre côté de l’Atlantique.  Stationné à Londres, il eut l’occasion de jouer à nouveau au football, mais dans un contexte militaire.  Un peu comme dans le cas du hockey (que pratiquait aussi Nicklin), le sport servait de passe-temps aux soldats.  Alors que l’Armée canadienne disputa le "Tea Bowl" à l’Armée américaine, Nicklin marqua un touché qui permit aux Canadiens de l’emporter 16-6.
 
Lors du Débarquement de Normandie, Nicklin fut déployé et réussit sa mission.  Il fut plus tard blessé par des fragments d’obus.  Grâce à ses exploits au combat, Nicklin accéda au rang de lieutenant-colonel.
 
En mars 1945, il participa à une autre mission, sur le Rhin, où son parachute s’accrocha à un arbre de grande taille.  Il fut alors abattu par les soldats allemands.  Il laissa dans le deuil son épouse et un jeune fils qu’il n’a jamais eu l’occasion de rencontrer.
 
On le désigna à titre posthume Officier de l’Ordre de l’Empire britannique.
 
En 1946, son bataillon fit don du Trophée Jeff Nicklin.  Encore aujourd’hui, on le remet au meilleur joueur de la division ouest de la LCF.
 
Sources : cflapedia.com, halloffame.mb.ca, wikipedia.org, waramps.ca/military/wwii.

jeudi 2 juillet 2015

Lawrence Phillips


Lawrence Phillips possédait un talent indéniable.  Malgré une enfance difficile, il avait attiré l’attention des universités les plus prestigieuses.  Phillips opta finalement pour les Cornhuskers de l’Université du Nebraska.
 
Dès sa première année, il aida Nebraska à remporter l’Orange Bowl contre Florida State.
 
En 1994, des blessures à des joueurs importants lui laissèrent encore plus de place.  Mais pendant que les Cornhuskers luttaient pour le championnat national, Phillips dut faire face à des accusations d’assaut et de vandalisme.  Malgré tout, Nebraska remporta encore l’Orange Bowl et mis la main sur le championnat national.
 
Phillips débuta ensuite la saison 1995 en lion et son nom était mentionné comme vainqueur potentiel du Trophée Heisman.  Il eut par contre à nouveau des problèmes avec la justice lorsqu’il fut arrêté pour assaut contre sa petite amie, une joueuse de basketball à la même université.  Bien que suspendu, le maintien de Phillips au sein de l’équipe suscita la controverse.  Son entraîneur fut accusé d’être complaisant avec lui, ce à quoi il répliqua que Phillips avait besoin de la structure que lui fournissait le football. 
 
Phillips joua les derniers matchs de la saison, ainsi que le Fiesta Bowl, qui s’avéra être le match de championnat national.  Sa performance remarquable permit à Nebraska d’avoir le dessus sur la Floride et l’incita à se rendre disponible au repêchage immédiatement.
 
Phillips se retrouva probablement comme le joueur le plus talentueux de l’encan de 1996, mais certaines équipes eurent des hésitations, en raison de son comportement hors du terrain.  Ce sont finalement les Rams de St-Louis qui le choisirent, au sixième rang.  Ils échangèrent alors le futur membre du Temple de la renommée Jerome Bettis pour lui faire de la place et lui offrirent un important contrat.
 
La lune de miel ne dura toutefois pas longtemps.  Moins de deux saisons et 23 jours de prison plus tard, les Rams en eurent assez.  Malgré son immense talent, son attitude et ses problèmes hors du terrain finirent par venir à bout de leur patience.  Phillips fut libéré.  Il joua ensuite deux matchs avec les Dolphins, mais après qu’il fut accusé d’assaut sur une femme dans une boîte de nuit, Miami le libéra à son tour.
 
Il dut alors se résoudre à passer la saison 1998 à l’extérieur de la NFL.  Il prit donc le chemin de Barcelone, pour s’aligner avec les Dragons de la NFL Europe.  Ses bonnes performances lui valurent une troisième chance, avec les 49ers de San Francisco cette fois.
 
Après avoir rassuré sa nouvelle équipe, Phillips fit l’équipe, mais principalement comme retourneur de botté.  Lorsqu’il était utilisé dans le champ arrière, ses blocs laissaient plutôt à désirer.  Au cours d’un match contre les Cardinals, il rata un bloc sur un blitz.  Le joueur des Cards put ainsi atteindre le quart Steve Young, qui subit une commotion qui mit éventuellement fin à sa carrière.
 
Phillips se mit ensuite à rater des entraînements et à se disputer avec ses entraîneurs.  Après avoir été suspendu, Phillips fut finalement libéré par les Niners.
 
Après une saison loin du terrain, Phillips signa en 2001 avec les Bobcats de la Floride, une équipe de l’Arena Football League.  Toutefois, avant même de jouer un seul match, il quitta l’équipe sans avertir personne.
 
Le fait qu’en 2002, il ait malgré tout obtenu une autre chance montre à quel point il était talentueux.  Cette fois, ce sont les Alouettes de la Ligue canadienne qui lui donnèrent.  Pour lui faire de la place, ils durent tout de même mettre de côté le vétéran Mike Pringle, qui est aujourd’hui le meneur de tous les temps de la LCF pour les verges au sol, non sans une certaine controverse.  Phillips sembla avoir appris sa leçon.  Il accumula 1022 verges au sol et marqua 13 touchés, même s’il trouva quand même le moyen d’abandonner son équipe à un moment au cours de la saison.  La recette fonctionna malgré tout et les Alouettes remportèrent la Coupe Grey.
 
 
Au camp de 2003, Phillips eut une dispute salariale et mit du temps à se présenter.  Et lorsqu’il s’avéra qu’il faisait face à des accusations d’agression sexuelle, il fut libéré par les Alouettes.  Il se trouva plus tard du boulot avec les Stampeders de Calgary, mais lorsqu’il argumenta avec l’entraîneur-chef Jim Barker, il fut à nouveau libéré.
 
Après avoir épuisé toutes ses chances dans le monde du football, Phillips n’allait tout de même pas rentrer dans le droit chemin…  De retour aux États-Unis, Il fut accusé d’assaut envers des adolescents, alors qu’il les a poursuivi à bord de sa voiture sur un terrain de football.  Il fut également accusé de multiples chefs d’accusation de violence conjugale, incluant une où il a étranglé son ex-petite amie au point de la rendre inconsciente.  Il écopa au total de 31 ans de prison.
 
Même en prison, Phillips trouva le moyen de faire les manchettes.  En avril 2015, son compagnon de cellule, un ancien joueur de football, a été retrouvé étranglé.  Phillips est considéré comme suspect.
 
Sources : ″Lawrence Phillips, former NFLer, a suspect in prison death″, The Associated Press, 13 avril 2015, CBC News (cbc.ca), cflapedia.com, wikipedia.org.

mardi 23 juin 2015

J.C. Watts


Julius Caesar Watts Jr. est originaire de l’Oklahoma.  Son père était un pasteur baptiste et a été le premier policier noir de sa ville d’Eufaula, une communauté pauvre et rurale.
 
Junior se mit plus tard au football, comme c’est très commun dans ce coin de pays.  En tant que quart-arrière, il devint le premier noir de son école secondaire à occuper cette position.
 
Le chemin naturel pour Watts consista ensuite à se diriger vers les Sooners de l’Université de l’Oklahoma, où il devint le deuxième quart de l’équipe.  Ne progressant pas au rythme voulu, il abandonna deux fois, jusqu’à ce que son père le convainque de revenir sur sa décision.  Watts devint finalement quart partant et il mena les Sooners à la victoire lors de l’Orange Bowl en 1979 et en 1980.
 
Au repêchage de 1981, il fut choisi en huitième ronde (213e au total) par les Jets de New York, même si les quarts noirs étaient très rares à ce moment.  Il prit finalement le chemin du Canada, en s’alignant avec les Rough Riders d’Ottawa.
 
Watts parvint à s’illustrer au sein d’une équipe faible, qui montra une fiche de 5-11.  Par contre, ce fut suffisant pour se faufiler dans les séries.  À ce moment, les Riders causèrent la surprise en éliminant les champions de l’est, les Tiger-Cats d’Hamilton.
 
Ottawa se retrouva donc en finale de la Coupe Grey, qui avait lieu au Stade Olympique de Montréal, contre les puissants Eskimos d’Edmonton.  Ces derniers, menés par Warren Moon (voir texte du 5 septembre 2012), étaient en quête d’une quatrième Coupe Grey consécutive, ce qui aurait constitué un record.
 
Watts a toutefois pris les choses en main et à la demie, les Riders menaient 20-1.
 
Les Eskimos se sont par contre ressaisis en deuxième demie.  Dave Cutler a effectué un botté de placement dans les dernières secondes du match et les Eskimos l’ont emporté de justesse 26-23.  L’année suivante, ils ont remporté une cinquième Coupe Grey consécutive, une marque qui tient toujours.
 
Toutefois, malgré la défaite, les 209 verges obtenues par la passe et les 29 autres qu’il a lui-même couru valurent à Watts d’être désigné joueur offensif du match.  Watts avait par contre accordé un revirement inopportun en fin de match.
 
Suite à une dispute salaire, Watts rata la saison 1982 en entier.
 
Watts revint avec l’équipe en 1983.  À chacune des trois saisons suivantes, il accumula autour de 3000 verges par la passe.  Toutefois, il accordait également beaucoup d’interceptions et les résultats de l’équipe étaient plutôt moyens.
 
Au cours de la saison 1986, il fut libéré par Ottawa et réengagé par les Argonauts de Toronto.  Il prit ensuite sa retraite du football.
 
Il retourna alors vivre en Oklahoma, devint pasteur baptiste comme son père et démarra une entreprise de construction.  C’est dans ce contexte que, suite à sa frustration d’avoir à faire face à des réglementations gouvernementales, qu’il décida de s’impliquer en politique et de militer au sein du Parti républicain.  À noter que sa famille était traditionnellement très démocrate.
 
En 1994, il se porta candidat au Congrès avec des positions conservatrices, entre autres en faveur de la peine de mort et contre l’avortement.  Watts reçut l’appui de plusieurs noms importants du parti et parvint à remporter l’élection contre un adversaire démocrate plus connu que lui.  Il devint l’un des deux noirs au Congrès du côté républicain et le seul du sud en plus d’un siècle.
 
Toujours associé à l’aile conservatrice du parti, il fut réélu en 1996, 1998 et 2000, sa dernière élection.  Il a également été co-président de la campagne présidentielle de Bob Dole en 1996.
 
Il a par la suite été lobbyiste, commentateur politique, membre de conseils d’administration, en plus d’écrire sa biographie.
 
Sources : ″Another small crowd watches Riders top Concordes″ de Dick Bacon, 23 juin 1982, Montreal Gazette, B-7, ″Super Bowl XXIX; Former Football Stars Bring Game Plans to Capital″ de Paul Kuharsky, 28 janvier 1995, The New York Times (nytimes.com), cflapedia.com, wikipedia.org.
 

 

mercredi 26 novembre 2014

Le Fog Bowl


Fin des années 1950, début des années 1960.  Deux équipes dominent la Ligue Canadienne de Football : les Blue Bombers de Winnipeg dans l’ouest et les Tiger-Cats de Hamilton dans l’est.  La confrontation de 1962 était la cinquième en six ans entre ces deux équipes.  Les Bombers en ont remporté trois.
 
Le match de la Coupe Grey était prévu pour le samedi après-midi, à l’Exhibition Stadium de Toronto.
 
C’est Garney Henley (voir texte du 29 mars 2013) qui a ouvert le pointage pour Hamilton, avec un touché sur un jeu de 74 verges.  Le converti a par contre été raté par Don Sutherin.
 
 
 
Au début du deuxième quart, les Bombers ont répliqué avec un touché de Leo Lewis.  Charlie Shepard a suivi avec un autre pour donner l’avance à Winnipeg.  Hamilton revint avec deux touchés, mais un autre converti fut raté.  La marque était donc 19-14 Hamilton.
 
C’est alors qu’un épais brouillard venant du lac Ontario se leva, même si la chose était habituellement rare, surtout en après-midi.  Il est devenu très difficile aux spectateurs sur place et aux téléspectateurs de CBC et ABC de suivre l’action.
 
Sur le terrain, le jeu de passe devint presque impossible et le travail des retourneurs drôlement compliqué.  Garney Henley affirma qu’on pouvait voir les adversaires s’approcher, mais seulement de la taille vers le bas.
 
À la demie, les cheerleaders se cognaient entre elles.
 
 
Lewis et Henley marquèrent leur deuxième touché respectif.  Don Sutherin, qui définitivement eut un match difficile, marqua un simple sur une tentative de placement ratée.  Il faut dire que réussir un placement dans un tel brouillard ne devait pas être évident…
 
Avec une marque de 28-27 et un peu plus de cinq minutes à faire au quatrième quart, l’arbitre décida que la situation devenait intenable et décida de prendre une pause de 20 minutes.
 
Une fois terminée, le commissaire Syd Halter décida qu’il n’y avait rien à faire.  Le match fut suspendu jusqu’au lendemain.
 
À leur retour, aucune équipe n’a marqué.  Les points ratés de Sutherin ont mal.  Winnipeg l’a emporté 28-27.  Leo Lewis a été désigné joueur du match.
 
Le légendaire Jackie Parker, des Eskimos (voir texte du 16 février 2013), qui assistait au match comme spectateur, déclara alors qu’il s’agissait du meilleur match qu’il n’a jamais vu…
 
ABC n’a pas rediffusé de match de la LCF par la suite.
 
Sources :  « The Story of the 1962 Grey Cup » d’Alan Christie, 11 octobre 2008 (cfl.ca), wikipedia.org.